De la poiscaille et du Rio

Bon, alors on a changé de monde. Fini la Méditerranée et ses vents erratiques. Fini la « Med » et sa chaleur écrasante. Fini la « Med » et ses heures de moteur. Maintenant on est dans l’Atlantique ! Le grand, le vaste et sauvage océan séparant la vieille Europe des Amériques. Eh bien, alors, on a quoi ? Eh bah des vents erratiques ! Des chaleurs écrasantes ! Des heures de moteur ! Ha ! Ça, je l’avais pas vu venir. Après je noircis un chouillat le tableau car on peut quand même faire plus de voile et les nuits sont quand même plus fraîches, mais la différence que nous avons vécu n’est pas celle que nous attendions. Bon après cette petite intro, passons au premier de nos deux sujets du jour, la pêche !

Âmes sensibles, s’abstenir! Oups, trop tard…

Maximousse s’est fait, depuis qu’il a foulé le pont de Raspou, un devoir, une mission et une passion de pêcher. Capturer la vie sauvage pour le plaisir de nos papilles gustatives. Je ne l’assiste en général que sporadiquement d’un œil distrait et d’une main peu présente. Eh bien, c’est peut-être là la plus grande différence avec la Méditerranée, le jour de gloire est arrivé ! Lors d’une étape fort sympathique entre Chipiona (moyen mnémotechnique de s’en rappeler : « chipolata ») et Huelva (« Huevo », l’œuf), un nouveau leurre acheté la veille par Maxipêche fit ses preuves. Nous avancions vers le nord au moteur lorsque je ne sais plus quel regard se porta vers la canne à pêche : « Eh.. C’est bizarre. C’est le leurre qui saute ? ». En effet, lors d’un mauvais choix, le leurre peut, parfois, s’amuser à jouer au trampoline à la surface de l’eau, perdant toute chance d’attraper le goutû souper. Mais en fait, non, c’est un poisson ! Moi, ce moment, je me l’étais imaginé mille fois dans mon cerveau et visiblement ça c’est imprimé dans mon subconscient, dans les réflexes innés de ma chaire car avant que Maximousse ne s’approche de la canne à pêche, j’ai sauté comme une sauterelle dans le bateau afin d’y prendre les gants de pêche et un graaaannndd couteau. Sortant de la cabine, Maxipêche et Maximaman commencent les deux à me proposer d’aller chercher… ce que j’avais alors dans les mains. Je crois que ma rapidité de réaction les a choqués. Durant ce laps de temps, la manivelle, dans les mains tout bientôt expertes de mon coéquipier, ramenait le poisson. Après avoir découvert que notre épuisette était cassée et qu’il faudra la remplacer, l’animal subaquatique est ramené sur la jupe du bateau où il est prestamment mis à mort afin d’abréger ses souffrances. Les filets sont découpés afin d’attiser notre appétit. Une partie du menu du soir se consommera sous forme de filets frits à la poêle dans l’huile d’olive (miam) et l’autre sera mise à mariner dans du citron (miam aussi). Mais avant cela, une question se posa (où on voit qu’on est « giga des experts »), c’est quoi, ce poisson ? Au début mon cœur tréssaille croyant avoir ôté la vie à un thon rouge ! Ah ! Ça serait bien la honte quand même, un petit thon rouge de 40-50 centimètres. Espèce menacée par la cupidité des humains. Mais le destin me sauve les fesses, nous identifions finalement une bonite, que l’on peut pêcher bien plus petite ! Ouf ! Le résumé de cette histoire fut : « oh ! ah ! euh… ouf ! miam ! »

Alors clairement c’est un peu glauque comme photo mais on m’a bien dit après coup que je devais attendre de faire la photo avant de décapiter le poisson. Bon.. Faudra le faire avec célérité et il n’y aura pas de deuxième prise, promis, le poisson ne souffrira pas longtemps.

Le deuxième petit sujet concerne notre escapade, commençant le lendemain de cette belle pêche, dans un fleuve, le Rio Guadiana. À l’heure où j’écris ces mots, nous venons de passer trois jours dans ce beau cours d’eau, remontant à environ trente kilomètres dans les terres. Trois jours inhabituels pour la coque de mon Raspou, remontant le fleuve avec la marée et s’arrêtant presque au milieu de nulle part durant deux jours. Naviguant dans ces eaux mi-salées mi-douces qui font office de frontière entre l’Espagne, que nous quittons (momentanément), et le Portugal, nous vécumes au rythme de la marée qui va bien plus loin que l’endroit où notre petite expédition s’est arrêtée. Le bateau passait donc son quota de temps, marée montante, à regarder vers l’aval et, le reste du temps à marée descendante, à regarder l’amont. Une petite journée (plus ou moins) farniente lors de laquelle Maxisauveur sauva un jerrican d’eau de l’eau (haha, ironique, non ?) après une belle petite séance sportive à contre-courant. Une autre petite journée pour visiter deux villages se regardant droit dans les yeux, San Lucar côté espagnol et Alcoutim côté portugais. Puis une journée à redescendre vers la mer et se préparer pour la reprendre, direction l’ouest et Lagos, d’où nous bifurquerons vers le large, le vrai, le grand, qui nous mènera jusqu’aux Canaries, qui semblent pressées de nous accueillir, un volcan venant d’entrer en éruption pour exprimer son impatience.

Bon et là je suis désolé mais je vous spamme de photos mais franchement c’était si beau…

Derrière….!
Devant…!
En haut…!
Et.. oui oui ouiiii!!!! EN BAAAAASSSS!!!!!

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