To go solo or not to go

Bon, c’est vrai que ça fait une trotte que je n’ai pas écrit. Voyez-vous, c’est que j’essaie de ne pas simplement décrire mes aventures mais de trouver des sujets, des thèmes particuliers pour exemplifier la vie de marin d’eau douce un peu salée. Alors en arrivant aux Canaries, déjà m’a-t-il fallu atterrir. Ensuite, profiter un peu. Un thème surgit alors dans mon esprit, je l’étudie, le retourne, souvent l’abandonne. Bis repetita quelques fois jusqu’à ce que cela fasse déjà un mois et que je n’ai rien écrit. Alors voilà, déjà un paragraphe pour expliquer que durant un mois je n’avais rien à dire. Ou, peut-être, trop ?

Bon forcément j’ai pas grand chose pour illustrer ce récit… Alors quand même quelques jolies images de ces belles îles!

Mais finalement, je ne vais pas vous parler des Canaries, de leurs sublimes paysages lunaires, de leurs côtes déchirées et de leurs vents incessants. Je vais vous parler de ce qui m’a occupé l’esprit durant ce temps. La navigation pour arriver aux Canaries devait être la plus délicate dans la première partie de mon voyage, c’est-à-dire jusqu’aux Caraïbes. Ceci car la suite jusqu’au Cap Vert devait se faire avec mon père, déjà portés par les alizés (vents stables et sympathiques) et, par après, la transat devait se faire à trois. Les vacances quoi. Habitué à avoir trois heures pour me reposer entre mes quarts, j’aurais alors eu six heures pour ce faire. Paname, le grand luxe. Or, comme les arbres en automne perdent leurs feuilles, mes équipiers pour la transat ont, pour différentes raisons, déclarés forfait. Sans rentrer en détails sur le pourquoi du comment, j’aimerais juste souligner à quel point ça modifie la physionomie de cette transat.

Genre quand ça chie, t’as beau être nombreux dans ta tête t’as quand même que deux mains!

La navigation en solitaire est quelque chose d’assez mythique dans mon esprit. Slocum, Moitessier, Tabarly et consorts ont inspirés des générations de marins sur cette entreprise qu’un montagnard de base comme moi considère quand même comme un peu folle, naviguer tout seul. Soi, son bateau, le vent et les vagues pour plusieurs jours, semaines ou mois pour les plus dénué.e.s de raison. Ça change tout. On peut pas discuter avec quelqu’un en vrai. On peut pas demander « tiens-moi ça deux secondes ». On peut pas sauter son tour pour faire à manger. Quand ça chie, on peut pas faire les yeux doux à l’autre pour qu’il aille se mouiller à sa place. Tout ça, c’est au solitaire de le faire et à chaque fois. Et si naviguer en soi n’était déjà pas assez demandeur pour quelqu’un qui n’est pas né sur un bateau, eh bien aujourd’hui on remarque que l’Atlantique nord n’est pas une éternelle étendue d’eau sans présence. Y a une frappée de monde partout. « Très bien », me direz-vous, « si t’as un problème, quelqu’un viendra te chercher ». Certes, peut-être, mais autant une présence est rassurante, autant une présence de gros bateaux représente un danger. Il s’agit même du principal danger : la collision et glou glou. J’aime beaucoup le snorkling mais quand il y a 4’000 mètres de flotte dessous, faut une sacrément bonne vue.

La suite de ma route s’annonce donc un peu plus escarpée que prévue! #métaphore #profondeurdesprit #maisfaitesletaire

Alors voilà, ça fait quelques semaines que mon esprit est accaparé par cette perspective. C’est vrai que c’est un souhait que j’ai depuis longtemps, de naviguer en solo, ça viendra juste plus vite que prévu. Et c’est pour ça, peut-être bien, que je n’ai rien écrit entre-temps, j’avais besoin de toute ma petite tête pour ne penser qu’à ça. Maintenant que c’est écrit, posé noir sur blanc, peut-être retrouverais-je l’inspiration de vous parler des effets venturis entre les belles îles canariennes, des forêts vertes entourées de déserts noirs, des volcans trônants au-dessus des nuages et des bateaux qui vont si vite qu’on croit voir un mirage.

Sérieux c’est trop « graphique » ces bouts de volcans!
See you mon copain ❤ :’-(

5 commentaires sur « To go solo or not to go »

  1. Bon courage et tu n’en manques pas ! On continue à ne pas rater une miette de cette belle aventure qui sera encore plus exaltante. Flo et Bilou

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  2. Holà ami navigateur Suisse, la navigation en solitaire ça se gère bien, tu prendras un rythme qui sera le tien et tu vivras pleinement avec ton bateau. T’en fais pas, tu dormiras certes que d’un oeil mais ton subconscient restera en éveil et au moindre bruit, au moindre balancement anormal, tu bondiras dans le cockpit. Il faut anticiper : reduire la voilure de nuit, ou si des nuages noirs se pointent à l’horizon. Quand tu auras traversé tu seras fier de toi mais surtout tu auras prouvé à toi même que tu peux gérer seul ton bateau, ce n’est pas rien d’avoir cette certitude. Excuse moi d’avoir tardé à réagir à ton post mais Christa et moi étions au salon du mille sabords au Crouesty pour vendre Marmotte, c’est quasi fait, signature après expertise ce Vendredi 19. Marmotte restera Breton mas dans l’Ouest de l’Ouest (Brest). Au plaisir de te lire, bon courage et bon vent. Jacques

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