Transat retour

Bon, ça y est, « il a sonné l’heure » comme diraient les guet.te.s de la cathédrale de Lausanne ! Après avoir bien profité des Antilles (françaises surtout), la saison migratoire des voiliers atlantiques reprend, cette fois pour quitter la zone carïbéenne où les forces de la nature ont une certaine manie de se déchaîner d’une façon fort peu recommandable quand on est sur un voilier, a fortiori petit.

C’est donc demain, de Saint-Martin, que notre fier équipage, non seulement 100% helvétique mais 100% valaisan (!!!!) se lancera sur la (longue) route nous menant au vieux continent. L’idée étant tout d’abord de partir plein nord pour s’arrêter aux Bermudes et, dans un second temps, de partir en direction des Açores. Ceci bien sûr si la météo joue le jeu ! Car si du vent venait à nous descendre du nord ou qu’une magnifique fenêtre se profilait à l’horizon pour filer directement vers les îles portugaises, alors un arrêt chez les anglo-ricains serait fort peu probable. Tout cela, nous l’ignorons encore car la météo à plus de cinq jours ne veut absolument rien dire.

Ceci, d’ailleurs, me fait vivre un ascenseur émotionnel très fort chaque jour nous approchant du larguer d’amarres en voyant une météo favorable succéder à une autre moins sympatoche avant qu’elle coopère à nouveau puis rechange d’avis etc etc.. Il faut simplement, comme dirait un collègue, avoir une bonne fenêtre de trois jours au départ et « de toute façon, après, hein, bon ». Je sais pas trop ce qu’il sous-entendait exactement par là mais de toute façon, après, hein, bon. Ces jours, c’est le grand défilé, les voiliers arrivent pour se préparer, les autres s’en vont. C’est vraiment la grande migration avec ceux qui filent droit, ceux qui font des détours, les pressés et les autres, ceux qui veulent beaucoup de vent, ceux qui n’en veulent surtout pas trop. Il y a de tout !

Vous me direz : « Mais bon, quand t’es parti, t’as pas trop le choix non ? T’en auras du vent ! » Eh bien figurez vous que c’est là toute la complexité de cette transat retour. Alors que la première nous faisait emprunter la route des alizés, qui peuvent être forts mais où les très mauvaises surprises météorologiques sont a priori exclues, la transat retour est bien différente. En effet, on se retrouve dans l’Atlantique nord (genre vraiment), là où passent les dépressions que les canado-ricains s’amusent à envoyer sur les grands-britons et consorts. L’astuce du retour étant de se placer quelque part entre les dépressions, au nord, et les hautes pressions sans vent, un peu plus au sud. Trop au nord veut dire trop de vent et surtout, surtout, trop de vagues. Trop au sud veut dire pas du tout de vent. Il faut savoir se faufiler entre les deux et chacun déterminera selon son bateau, son expérience et son équipage s’il préfère être sûr d’avoir du vent quitte à se prendre des belles cartouches ou alors, notre cas, si l’on préfère risquer quelques heures ou jours à profiter du calme atlantique (haha) pour éviter de trop se faire secouer. Pour ce faire, nous profiterons de l’aide du père, qui fera office de routeur pour notre épopée et ça sera en discussion avec lui que nous déterminerons le chemin à suivre, qui ne sera certainement pas droit mais qui risque bien d’être complètement de travers !

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