Des Antilles aux Bermudes

Vous connaissez les Valaisans dans l’espace ? C’est marrant. De mon côté je vais vous conter l’histoire des Valaisan.ne.s sur l’Atlantique. On était deux et je vous divulgâche la fin, ça s’est bien passé. Mais quand même, on en a vécu des combines ! Allez, embarquez !

Tout commence à Saint-Martin, le deux mai, lorsque j’accueille mon équipière à l’aéroport. À peine le temps de la laisser atterrir, respirer, se reposer que paf ! on largue les amarres le lendemain matin après une soirée mieux arrosée que prévu. Des deux premiers jours, il n’y a pas grand chose à dire, ils se passent mieux que bien. Nous filons à environ 6-7 nœuds au près/bon plein. Le bateau tape un petit peu mais lorsque l’on voit défiler les miles ainsi, on s’en accommode sans trop de problème et puis il faut dire qu’il fait une température parfaite et le soleil nous chatouille encore le sommet du chapeau, alors, comme dirait l’humoriste Thomas Wiesel : « ça va ».

Le début, parfait!

Mon équipière, que je surnomme affectueusement mon « hobbit de pont », s’adapte gentiment durant cette première semaine de nav’. Elle n’a jamais navigué sur un bateau aussi petit et si proche de l’eau, déclarant ainsi un très léger mal de mer durant les premiers jours, ce qui a pour principale conséquence de la vexer, s’étant toujours estimée imperméable à ce mal frappant habituellement les terriens mal amarinés. Cela lui passera gentiment, au fur et à mesure qu’elle s’habituera à mon « petit » mais fier navire !

Regarder l’horizon pour chasser le mal de mer… Surtout quand l’horizon est de cette qualité!

Le programme météo sur lequel nous comptions au départ doit ensuite nous offrir une ou deux journées de transition avec des vents plus faibles et changeants avant de nous faire prendre la queue d’une petite dépression avec des vents portants, jusqu’à 25 nœuds, nous poussant gentiment mais fermement jusqu’aux Bermudes. Et bien, pas de chance, et comme cela sera le cas à plus grande échelle et selon le même schéma lors de la deuxième partie de la transat, la météo n’est pas d’humeur fiable.

Les manoeuvres en mode « Antilles » c’est bientôt finito!

Après un jour de transition, nous arrivons dans une zone où les vents annoncés par les fichiers météo et ceux que nous avons ne correspondent plus ou moins jamais. Nous avons beaucoup de pétole, de pluie, avec un nombre de grains hallucinants et des orages à gogo. Lorsque l’un de ces derniers nous passent dessus, c’est le moment d’expérimenter le petit stress du marin qui coupe les circuits électriques et met le téléphone satellite dans le four, just in case. Mais finalement, Hercule a d’autres chats à « foudrer » et ne daigne pas tester la théorie, qui veut qu’un voilier en alu fasse cage de Faraday et protège relativement bien ses occupant.e.s. J’avoue être déçu en bien de ne pas servir de cobaye dans ce genre d’expérience !

Le souvenir marquant de cette traversée restera sans nul doute la transformation d’Oriane en princesse Disney ! En effet, comme tou.te.s les amatrices et amateurs de réseaux sociaux en mode nerd le savent, être accosté par un petit oiseau confère, selon les saintes lois d’Internet/de l’Internet/des Internets (ne fâchons personne), le statut inaliénable de princesse de l’empire Disney (sans nécessité de contre-attaque). Le petit zosio, se promenant aussi dans le voilier, comme son prédécesseur dont j’avais parlé dans le récit de notre arrivée à Sète en 2020, reste un moment avec nous et se sustente quelque peu. Sa présence dans l’habitacle tend à gêner le capitaine qui ne souhaite pas récupérer une cargaison, aussi minime soit-elle, de guano. Finalement, notre pioupiou fort joliment emplumé décide qu’il est temps pour lui de repartir, ce qui nous attriste en nous rendant inquiet quant à sa faculté à trouver un point de chute alors que nous sommes à environ 400 kilomètres de la terre la plus proche…

Princess Mode: Activated!

Nous progressons donc entre vents forts dans les grains et pétole qui nous oblige à faire pas mal de moteur, ceci alors que le choix de passer par les Bermudes, loin de la route directe directe, visait également à nous garantir un minimum de zones sans vent. Nous fûmes une tentative de navigation sous spi, que je n’avais encore jamais hissé sur Raspou, qui se révèle être un échec retentissant, nécessitant de couper la drisse de spi pour la libérer d’une mauvaise idée, en l’occurrence la poulie de renvoi de l’écoute de génois (cherchez pas à comprendre, mauvaise idée j’ai dit). Puis, finalement, nous apercevons finalement en fin d’après-midi le plat pays que nous visons pour l’aborder en pleine nuit après avoir annoncé notre arrivée par radio et échangé avec un opérateur à l’accent so british que cela deviendra notre blague récurrente à coup de positively correct et autres formules anglo-alambiquées !

On aura quand même pris le temps de faire trempette une dernière fois! Les avantages de la pétole!

Pour cette partie, nous mettons donc sept jours et le plus gros pépin de la traversée est une tasse de café renversée sur un coussin et une drisse de spi à remplacer. Alors, « ça va ».

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